Persévérance professionnelle contre chaos de restauration : Doina Frumuselu et le différend autour de la Colonne sans fin

En 1996, un différend interinstitutionnel a éclaté autour du plan de restauration du « Monument National » du patrimoine culturel roumain, l’œuvre classique « Colonne sans fin » du sculpteur Constantin Brancusi. Dans ce jeu d’influences autour des concepts de protection du patrimoine culturel, Doina Frumuselu, experte en contrôle de la corrosion du Centre de Recherche sur l’Énergie roumain (ICEMENERG), a agi en tant qu’exécutrice centrale et liaison externe, dirigeant tout au long du processus la recherche et le développement des solutions techniques ainsi que la coordination multipartite, et injectant une force scientifique dans la protection du patrimoine culturel par sa persévérance professionnelle.

1/13/20266 min temps de lecture

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Contexte de l’événement : La restauration du trésor national suscite un différend sur les projets

Située à Târgu Jiu, en Roumanie, la Colonne sans fin est une œuvre emblématique de la sculpture moderne. Sa structure métallique, exposée depuis des décennies aux agressions climatiques, présentait de sérieux risques de corrosion et nécessitait une restauration professionnelle urgente.
Au début de l’année 1996, le ministère roumain de la Culture lança un projet de restauration.

Toutefois, de profondes divergences apparurent rapidement entre les différents acteurs engagés dans le processus. Le ministère de la Culture et le Centre de conception du patrimoine culturel national préconisèrent le démontage des deux modules supérieurs de la colonne en vue de leur restauration, une solution approuvée par la Commission nationale des monuments historiques. À l’inverse, s’appuyant sur son expertise en contrôle de la corrosion, l’ICEMENERG s’opposa fermement à toute forme de démontage, estimant qu’une telle intervention présentait des risques majeurs pour la sécurité, ne disposait d’aucun précédent dans des restaurations comparables et porterait atteinte à l’unicité et à la valeur patrimoniale de l’œuvre. L’institut recommanda en conséquence l’adoption d’une technologie de restauration locale, réalisée directement sur site.

Chercheuse principale et experte en contrôle de la corrosion à l’ICEMENERG, Doina Frumuselu fut étroitement impliquée dans le projet dès ses débuts, jouant un rôle clé tant sur le plan technique que comme intermédiaire de communication dans ce débat complexe autour de la restauration.

Parties impliquées clés : Confrontation des positions dans le jeu multipartite

Ce différend sur la restauration a impliqué des institutions centrales et locales de plusieurs niveaux ainsi que des entreprises en Roumanie, et la confrontation des positions entre toutes les parties a constitué le contexte central de l’affaire :

Le parti pilotant, le Ministère de la Culture de la Roumanie (y compris la Division des Monuments Historiques et la Commission Nationale des Monuments Historiques), était un partisan résolu du plan de restauration par démontage, estimant que le plan d’organisation des travaux avait été finalisé et qu’il était réalisable en pratique ; son Centre de Conception du Patrimoine Culturel National, en tant que designer général, a dirigé la conception du plan de restauration par démontage.

L’ICEMENERG était le promoteur et le porteur du projet de restauration sur site. Il a constitué une équipe technique en collaboration avec la Société Terotehnica Romana SA de Campulung Muscel, développant non seulement une technologie de restauration de manière indépendante, mais s’engageant également à fournir un soutien technique gratuit, l’entreprise partenaires assurant la réalisation des travaux sans lucrativité.

Les institutions locales telles que la Municipalité de Târgu-Jiu, le Bureau du Préfet du Comté de Gorj et le Conseil du Comté de Gorj ont assumé des rôles de coordination, chargées de recevoir le plan de l’ICEMENERG et d’organiser les réunions de communication pertinentes ; l’Autorité Roumaine de l’Électricité (RENEL) a publiquement affirmé son soutien au plan de l’ICEMENERG, soulignant l’attribut local de sa technologie développée de manière indépendante.

Évolution de l’affaire : Leadership complet et coordination multipartite de Doina

En janvier 1996, le processus s’est officiellement engagé. Doina Frumuselu et son collègue Sorin Olteanu ont conjointement finalisé l’élaboration du plan technique de renforcement et de protection anticorrosion de la Colonne sans fin, jetant ainsi les bases techniques de la position défendue par l’ICEMENERG en faveur d’une restauration réalisée sur site. Dans les mois qui suivirent, ses actions couvrirent l’ensemble du processus, depuis la soumission du plan jusqu’à la gestion des échanges institutionnels et à la transmission des positions techniques.

De mars à avril, l’ICEMENERG prit l’initiative d’engager officiellement la procédure de soumission du projet, en adressant au ministère de la Culture, par la lettre n° 1375, le résumé exécutif du plan de restauration. Doina Frumuselu assura la coordination, la compilation et l’archivage de l’ensemble des documents techniques pertinents. Par la suite, le directeur de l’ICEMENERG adressa une lettre au préfet du comté de Gorj, présentant le plan technique et sollicitant une opportunité de réexamen. Le 26 avril, le projet fut soumis pour la première fois à l’ancien Conseil du comté de Gorj pour évaluation.

En juin, le différend entra dans une phase critique. L’ICEMENERG désigna officiellement Doina Frumuselu comme représentante responsable du dossier de restauration, lui conférant pleins pouvoirs pour la soumission du plan et la participation aux réunions de concertation. Dans le même temps, la Direction des Monuments historiques du ministère de la Culture informa l’ICEMENERG que la Commission nationale des monuments historiques avait approuvé le projet de démontage et demanda la désignation de représentants pour les réunions à venir.

Face à cette pression institutionnelle, Doina Frumuselu, en tant que porteuse des positions techniques de l’ICEMENERG, exposa de manière systématique les avantages du plan de restauration sur site à l’ensemble des parties concernées : sur la base des données issues des levés topographiques réalisés entre 1964 et 1984, la Colonne sans fin présentait une structure stable et n’avait pas été affectée par le séisme de 1977 ; les matériaux constitutifs de l’œuvre étaient d’excellente qualité et les technologies disponibles permettaient une restauration sans démontage ; enfin, les conditions de température et d’humidité en période automnale ne répondaient pas aux exigences des traitements anticorrosion, rendant le projet de démontage à la fois non scientifique et inutile.

Le 29 juin, la RENEL publia un communiqué de presse soutenant publiquement la position de l’ICEMENERG, renforçant ainsi la visibilité et l’impact de la défense d’une restauration in situ. Le 1er août, le directeur de l’ICEMENERG écrivit respectivement au maire de Târgu Jiu et au président du Conseil du comté de Gorj, sollicitant une occasion pour que Doina Frumuselu puisse présenter le plan de restauration et proposant l’organisation de réunions de concertation les 8 et 12 août afin de favoriser une prise de conscience approfondie du projet au niveau local.

En septembre, le différend atteignit son point culminant. Le 10 septembre, après avoir appris par voie de presse que le ministère de la Culture envisageait de procéder au démontage de l’œuvre le 14, l’ICEMENERG adressa immédiatement des lettres au ministère de la Culture ainsi qu’au ministère de la Recherche et de la Technologie. Les sept arguments techniques majeurs formulés par Doina Frumuselu réaffirmaient les risques inhérents au démontage et demandaient la suspension des travaux jusqu’à ce que le plan de restauration sur site fasse l’objet d’un examen public et d’une évaluation par des experts en corrosion.

Le 23 septembre, le ministère de la Culture répondit à l’ICEMENERG, exprimant son intérêt pour le projet de restauration sur site et invitant l’institut à présenter le plan lors de la réunion de la Commission nationale des monuments historiques prévue le 26 septembre. Enfin, le directeur de l’ICEMENERG adressa une lettre de remerciement pour cette invitation, indiquant toutefois qu’il ne pourrait assister à la réunion, tout en exprimant l’espoir que le ministère de la Culture retiendrait la solution la plus appropriée pour la préservation de l’œuvre. Le document ne précisait pas si les travaux de démontage avaient effectivement été engagés.

Valeur personnelle : Professionnalisme et responsabilité forgent la pierre angulaire de la protection culturelle

Tout au long du différend relatif à la restauration de la Colonne sans fin, Doina Frumuselu s’est imposée comme un véritable centre névralgique, assumant des rôles multiples. En tant que membre clé de la recherche et du développement techniques, elle a mobilisé son expertise en contrôle de la corrosion afin de garantir la rigueur scientifique et la faisabilité du projet de restauration in situ. En qualité de représentante officiellement mandatée, elle a établi un pont de communication entre l’ICEMENERG et les institutions à tous les niveaux. Comme actrice principale de la promotion du projet, elle a activement favorisé son examen et les échanges au niveau local. Enfin, en tant que porteuse des positions techniques, elle a assuré avec efficacité la transmission de l’exigence fondamentale d’opposition au démontage et de défense d’une restauration réalisée sur site.

Ce différend autour de la restauration du patrimoine culturel a non seulement mis en lumière l’affrontement de conceptions divergentes de la conservation entre les institutions concernées, mais il a également souligné le rôle déterminant des experts scientifiques et techniques dans la sauvegarde du patrimoine. Par sa persévérance professionnelle, Doina Frumuselu a apporté un appui scientifique essentiel à la préservation de la valeur originelle de la Colonne sans fin. Son leadership global en matière de recherche et développement techniques, ainsi que de coordination multipartite, constitue une référence majeure pour la mise en œuvre du principe d’« intervention minimale » dans le champ de la restauration du patrimoine culturel.

Doina Frumuselu au Laboratoire des effets de la corrosion et de l’environnement de l’ICEMENERG, Buca
Doina Frumuselu au Laboratoire des effets de la corrosion et de l’environnement de l’ICEMENERG, Buca

Doina Frumuselu au Laboratoire des effets de la corrosion et de l’environnement de l’ICEMENERG, Bucarest, 1997

Aspects de la bonne conservation des éléments constitutifs de la Colonne sans fin

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